Confinement « Tabac, alcool, cannabis, opiacés, cocaïne, médicaments psychotropes, écran : même en confinement, je reste vigilant ! »

Face à la pandémie de COVID-19 qui sévit actuellement sur le territoire, l’ensemble de la population française est aujourd’hui confinée à domicile. Peu à peu la vie s’organise : de nombreuses personnes sont contraintes de rester à la maison pour la garde des enfants suite à la fermeture des établissements scolaires, d’autres, considérées comme fragiles doivent appliquer la distanciation sociale et limiter leurs contacts ; d’autres enfin sont soumises au télétravail organisé par leur employeur lorsque cela est possible.
Dans ce nouveau contexte, il se créé une porosité entre travail et vie familiale : le salon devient le bureau, le conjoint un collègue de travail...pas facile de gérer toutes ces situations. Que faire en confinement ?
Un risque de consommation de substances psychoactives accru et d’usage abusif des écrans.
L’ennui est souvent décrit comme un déterminant dans la consommation de produits psychoactifs quels qu’ils soient et de l’usage abusif des écrans. De fait, le confinement réduit les déplacements et les activités ce qui peut engendrer une consommation plus importante que d’habitude.
En outre, le confinement induit une présence quotidienne plus importante à son domicile. Le domicile n’est pas soumis aux mêmes règles et au même cadre de contraintes que le lieu de travail. La maison est un espace de liberté où les tentations sont plus nombreuses et les contraintes sociales moins fortes.
Cet environnement peut être favorable à la consommation de substances psychoactives (tabac, alcool, médicaments psychotropes, cannabis ou autres drogues illicites) et à l’utilisation des écrans (téléphone, télévision, tablette, ordinateur, console de jeux …)
Alors que sur le lieu de travail ces usages sont réglementés, le domicile est davantage permissif à une consommation de produits ou à un usage excessif d’écran, les barrières tombent et peuvent engendrer une surconsommation : il n’y a plus de limite par l’employeur, pas de sanction si je consomme…
Enfin, le confinement est un dispositif exceptionnel face à une crise sanitaire d’ampleur, de fait, le climat et l’ambiance générale de la population sont anxiogènes. Ce contexte particulier peut inciter les personnes fragiles et sensibles au stress à consommer davantage de médicaments, (anxiolytiques ou des antidépresseurs) ou de substances psychoactives, comme l’alcool ou le cannabis. On rappelle que « pour votre santé, l’alcool c’est maximum 2 verres par jour, et pas tous les jours ». Les écrans et plus particulièrement, les réseaux sociaux et/ou les jeux peuvent être un moyen d'échapper à cette anxiété. La modération est de mise.

Quelques conseils
Le travail peut créer des situations de stress tout au long de la journée et conduire à une accumulation d’émotions qu’il faut savoir réguler. C’est particulièrement vrai lorsque le salarié travaille dans des conditions qui ne sont pas optimales ou nouvelles comme à domicile et lorsque la frontière bureau/maison s’estompe.
Le quotidien en confinement devrait répondre à une organisation réfléchie en amont. La journée devrait être organisée de manière à ne pas permettre de temps morts qui seraient propices à davantage consommer et/ou à utiliser son écran. Les activités variées doivent être prévues en dehors des heures de télétravail et devraient alterner des activités intellectuelles et des activités physiques (lecture, activité sportive, suivi de l’actualité, télétravail…). Distinguer les temps scolaires / les temps de travail des temps de loisir. Essayer de garder le même rythme d’avant confinement.
Comme sur le lieu de travail, la consommation d’alcool, de tabac, de cannabis ou autres stupéfiants est réglementée, il est nécessaire de créer un environnement non propice à la consommation. Les bouteilles d’alcools ne devraient pas être visibles ; même logique pour les cendriers, matériel de consommation (injection, paille à sniff…), écran (tablette, console de jeux...) : leurs présences ne devraient pas être à proximité du poste de travail à la maison afin d’éviter les tentations. A la maison le risque de consommer est facilité car moins de contraintes.
Pour les enfants et adolescents, en temps et horaires scolaires, éviter d’avoir accès aux écrans (consoles de jeux, téléphone…). Une fois les horaires scolaires finis, il est possible de jouer sur sa tablette / console ou de communiquer avec le téléphone portable avec ses camarades (il est important aussi de garder des liens sociaux)
La prise de médicaments ou de traitement anxiolytique/antidépresseur ne doit pas dépasser ce qui a été prescrit par le médecin. Au besoin, il est nécessaire de réévaluer avec votre médecin traitant la posologie si elle n’est plus efficace pour traiter vos symptômes.
Évitez tout échange de verres, bouteilles, cigarettes, joints, chichas et seringues afin de ne pas transmettre le virus à vos partenaires et entourage. En effet, le virus COVID-19 peut facilement se transmettre par la salive lors de consommation de substances psychoactives en groupe, alors redoublez de vigilance.
Si vous êtes consommateur régulier et/ou chronique de produits (alcool, héroïne…) et que vous ne bénéficiez pas d’un traitement de substitution, veillez à ne pas manquer de boisson ou de naloxone pendant cette période de confinement afin d’éviter un syndrome de sevrage ou un surdosage. Pour les personnes qui s’injectent des produits, veillez à vous injecter moins de produits et plus lentement afin d’éviter les surdosages.
Concernant les écrans, essayer d’adapter les « 4 pas » :
• La chambre est un lieu de loisir, de jeux, d’imagination, de repos, de calme. On évite les écrans dans cette pièce.
• On prend le temps de se réveiller et de déjeuner tranquillement et dans le calme. On évite les écrans dans ces moments.
• Le repas est un temps d’échange et de partage familial. On évite les écrans pendant ces périodes.
• Afin d’avoir un sommeil reposant et réparateur, on laisse nos écrans de côté avant et pendant la nuit.

L’activité sportive est un très bon allié dans le cadre de la lutte contre les addictions, sa pratique est recommandée à raison d’une heure par jour pour les enfants et adolescents et 30 min pour les adultes.
Elle doit être réalisée plusieurs fois par semaine en variant les activités afin de renforcer les muscles et améliorer la souplesse et l’équilibre. Le temps passé en position assise ou allongé doit être réduit. Il faut rompre les périodes prolongées par de la marche ou des étirements idéalement toutes les heures.
Pour maintenir une pratique régulière, de nombreux exercices ne nécessitent pas de machine ou autre équipement sportif. Dans le cadre du confinement, il est possible de sortir pour faire de l’activité physique à proximité immédiate de son domicile.
• Se lever régulièrement
• Marcher ou s’étirer toutes les 2 heures
• Lorsque vous téléphonez, marchez !
• Utiliser le mobilier pour le renforcement musculaire ou les étirements
• Utiliser les nombreuses applications mobiles ou sites internet pour vous coacher lors des séquences
◦ Tremplin sport (CDOS 54) : https://www.youtube.com/playlist?list=PLlWy5eZ92kYioJb-9zxHACa3ybP7S31VZ OU recherche : Tremplin Sport sur YouTube
◦ Sport Nautique de Nancy (club d’aviron) : https://fr-fr.facebook.com/avifitnancy/ OU https://fr-fr.facebook.com/pg/avifitnancy/videos/?ref=page_internal

Besoins d’aide ? De soutien ? Envie d’en parler...
Même en contexte de confinement, vous n’êtes pas seuls ! N’hésitez pas à exprimer vos émotions auprès des professionnels de santé médecins, infirmiers, psychologues.

L’Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie (ANPAA) du Grand Est reste présente pour tous les usagers gratuitement et anonymement. Elle s’est organisée afin de garantir le suivi de ses patients et usagers aux heures habituelles d’ouverture par téléphone.
Les Centres de Soins d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie (CSAPA) et les Centres d'Accueil et d'Accompagnement à la Réduction de risques pour Usagers de Drogues (CAARUD) continuent à garantir le suivi de ses patients et usagers. Il est possible de bénéficier d’entretiens téléphoniques avec l’ensemble de nos équipes (éducateurs, infirmiers, psychologues, médecins...). L’ouverture au public en présentiel de nos centres de soins est uniquement organisée sur rendez-vous et pour les seules urgences médicales. Une présence sur site est assurée dans le cadre d’un roulement de professionnel(le)s. La raison est de rigueur et tous les professionnels sont conscients de leurs responsabilités pour contribuer à limiter la propagation du covid-19.


MEUSE
Bar le Duc et Commercy : Accueil téléphonique au 03 29 76 26 01,
• le lundi – mardi – jeudi de 8h à 12h et de 13h à 17h
• le mercredi de 8h à 12h
• le vendredi de 8h à 12h et de 13h à 16h
Verdun : Permanence téléphonique au 03 29 83 99 83 du Lundi au vendredi de de 9h à 12h et de 13h30 à 17h


VOSGES
Neufchâteau : accueil téléphonique au 03 29 94 35 31, du lundi au jeudi de 8h à 17h.

AUBE
Troyes : accueil téléphonique au 03.25.49.44.44
Tous les jours du lundi au vendredi, de 9h00 à 17h00, fermeture les mercredis après-midi.

SOS ALCOOL : 03 25 72 33 33


HAUTE - MARNE
Chaumont : accueil téléphonique au 03 25 03 55 72 du lundi au vendredi, de 9h à 12h30 et de 13h30 à 17h30 – fermeture le mardi matin
Saint-Dizier : accueil téléphonique au 03 25 56 25 90 du lundi au vendredi, de 9h à 12h30 et de 13h30 à 17h30 – fermeture le mercredi après-midi
Antenne de Langres : accueil téléphonique au 03 25 03 55 72 du lundi au vendredi, de 9h à 12h30 et de 13h30 à 17h30 – fermeture le mardi matin (pas d’accueil physique possible)


ARDENNES SUD
Permanence ou accueil téléphonique, au 06.02.02.76.60
Lundis, mardis, jeudis, vendredis de 9h00 à 17h00


MARNE
Reims : accueil téléphonique au 03 26 88 30 88
Du lundi au vendredi de 9h00 à 17h00.


Il est également possible de joindre par téléphone :
TABAC INFO SERVICE au 39 89. La ligne est ouverte de 8h à 20h, du lundi au samedi.
ALCOOL INFO SERVICE au 0 980 980 930, de 8h à 2h, 7 jours sur 7. Votre appel est anonyme et non surtaxé (coût d’une communication locale depuis un poste fixe ou inclus dans les forfaits des box et des mobiles).
DROGUES INFO SERVICE au 0 800 23 13 13 de 8h à 2h, 7 jours sur 7. Votre appel est anonyme et gratuit.
JOUEURS INFO SERVICE au 09 74 75 13 13, de 8h à 2h, 7 jours sur 7. Votre appel est anonyme et gratuit.

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ANPAA Grand Est
Monsieur Djamel DIDI, Directeur Régional Grand-Est
Mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. Tél. : 03.26.88.30.88 / 06 89 19 81 15


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